12-Le
droit d'être papa
Cest un restaurant
de supermarché, probablement dans lannée 1999, avant le divorce et après le
sauvetage de Darlington. Ce soir-là, Lucas a des haut-le-cur, son repas suit un
chemin contraire à lusage, et retombe sur une serviette qui nen avait pas
tant demandé. Autour de la table, Maryse est à gauche, suivie de Lucas qui est assis à
ma gauche, alors que Théo est à ma droite. La cuillère pleine entre dans la bouche
étonnée, mais rien ne veut rester à lintérieur du petit Lucas.
Nous avons eu
plusieurs longues discussions avec Maryse.
Je lui ai dit que je narrivais pas à prendre ma place
de père, parce quelle ne men laissait pas le loisir ni la joie. On dit que
bien des pères ne se sentent pas pères dans les débuts, et quil faut un déclic.
Cest tout à fait vrai, surtout la première fois, et encore plus quand il
sagit dune adoption pour laquelle le mari nest pas à lorigine du
besoin denfant. Je crois pouvoir dire, après avoir vécu cette douloureuse
expérience, que pour que le père prenne une place, il faut quil se sente concerné
par laffectif de son enfant. Tout au long de la grossesse, bien souvent, il na
été touché que par une focalisation vers la mère, puisque cest delle
quon attend lheureux événement. Et tout au long dune adoption, il
na subi que les affres des démarches administratives, des mal-être de la femme,
ses sentiments à lui nimportant que peu ou pas du tout. Quand lenfant arrive,
adoption ou pas, le père, dans le cadre dune famille habituelle, se voit chargé de
famille, et il en ressent tout le poids avant den recueillir les bienfaits ou même
den voir lintérêt, sauf si son désir denfant était au départ le
même que celui de sa compagne. Ce qui arrive à lhomme ? Il doit assurer les
dépenses importantes qui suivent une naissance, dépenses aussi bien financières que
physiques ou morales, même sil partage ces dernières avec la femme. Il doit
accepter un rythme de vie bouleversé, doù la tendresse est souvent effacée, voire
annulée, car la femme, pendant longtemps avant laccouchement et longtemps après
nest plus dans les dispositions tendres vers son mari, elle est très fusionnelle
avec le bébé, quil soit dans son ventre ou dans ses bras, et lhomme na
pas le droit den être jaloux car ce serait un comportement très mal jugé par
lentourage. Il se tait donc, en attendant que sont tour revienne. Tout cela
nest rien quand il y a amour, quand il y a passion, et devient des détails quand il
y a communion dans le désir denfant. Mais quand lenfant est imposé, et quand
cest au mépris de lavis de lautre, et de la vie de lautre, il y a
souffrance, il y a renoncement de soi, il y a rupture hautement probable, sinon dans les
faits administratifs, en tous les cas, dans les curs.
Mon rapport avec mes enfants se résumait aux besognes. Un
programme établi par Maryse, scrupuleusement suivi et contrôlé, comme du temps du pli
sur le pantalon. Responsable en chef des subventions pécuniaires de la famille depuis
quelques années déjà, javais eu plusieurs promotions : jétais nommé
Livreur dEnfants Qualifié Auprès du Personnel Extérieur, en loccurrence, la
nounou. Changeur de Couches Occasionnel, aussi, Biberonneur, également, et Assistant
Nocturne Des Pleurs De Bébés. Jen fais des titres ronflants, mais justement,
jen ronflais.
Notre nounou avait
beaucoup de charme. Longs cheveux noirs autours d'yeux bleu tendre, pastels, dans un
visage où quelque taches de rousseur donnaient un peu despièglerie à la fameuse
maman quelle était avec ses trois enfants, et les miens. Jaimais parler avec
elle, et jen avais pris lhabitude, car lestime était réciproque. Je
commençais, à la relation de ce qui se passait à la maison, à me délier tout seul
après que ma langue leut fait. Javais là une confidente, une amie, une
conseillère avisée et apaisante. Un dialogue avec une femme, maman de surcroît, pouvait
sétablir sur des pensées et un vécu dhomme, et jen étais tout
surpris. Mais quétait-ce donc qui me pesait ? Ce nétait pas le fait
daller la voir, puisque nous parlions si plaisamment, et parfois, si longuement.
Pourquoi ressentais-je toujours ce profond malaise à la seule évocation de mon transit
quotidien vers sa maison, avec les enfants ? Eux ny étaient pour rien, sinon,
jaurais continué à ressentir cette gêne tant quils étaient présents, et
ce nétait pas du tout le cas. Alors ? Force me fut de convenir que ce qui me
froissait le mental, cétait ce boulet au pied, ce programme établi par Maryse.
Je ne comprenais
pas encore ou nosais pas faire valoir lidée que ce baroud aurait pu devenir
une joyeuse balade si javais décidé de la faire. Si javais eu le droit
dêtre papa. Pleinement le droit.
Je racontais le sport,
le patchwork de Maryse : elle sétait programmé des activités extérieures,
que je lui avais suggérées pour se détendre, car son humeur était variable avec
dépression sur le triangle des Açores. Des jumeaux, ce nest pas rien, cest
prenant ! Au lieu de prévoir une partie de son budget pour une baby-sitter, le mien
étant arrivé au bout de ses possibilités, elle moctroyait le droit de
moccuper des enfants pendant son absence, fidèle à son habitude de me demander
ainsi les choses :
- Je veux bien que tu fasses ceci, je veux bien que tu fasses
cela
Cette formulation ne laissait pas de mexaspérer, car on
aurait dit quelle me donnait des autorisations pour des choses que je navais
pas sollicitées.
Maryse voulait dormir la nuit. Bien sûr, son travail la
journée était épuisant. Le mien, à la maison, nen était assurément pas un, et
dailleurs, quest-ce que cest que ce métier, comédien ? Alors,
elle dormait, et je gardais les enfants, dans une autre partie de la maison, c'est-à-dire
dans mon studio denregistrement. Le petit Théo, qui narrivait pas à se faire
à lidée quil avait quitté sa vraie maman, hurlait si fort, et si
longtemps
Cétait un spectacle désolant, auquel toutes mes attentions ne
pouvaient rien, et qui dura six mois, usant lénergie que je dépensais pourtant
déjà en journée.
En tant que travailleur à domicile, jétais là, et
donc par définition disponible en toutes occasions. Javais néanmoins réussi à me
faire comprendre sur le besoin que javais de travailler le soir et le week-end pour
rattraper le temps perdu, et javais obtenu le droit de faire un repas à
lheure qui marrangeait, même si jétais alors souvent seul à table.
Je nose imaginer la
tête de mon épouse, si, pour aller faire du sport, ou me détendre chez des amis, je lui
avais amené les enfants pendant ses heures de travail, dans son bureau, à la banque, en
lui disant « A ce soir ! » Il ne fait pas lombre dun doute
quelle naurait pas accepté, ni jamais, ô grand jamais, laissé se reproduire
une telle aberration ! Pourtant, elle, navait pas hésité à imposer cet état
de fait répétitif à la maison, sur mon lieu de travail. Elle ne le disait pas, mais je
lentendais sourdement penser : « Tu as voulu des enfants, maintenant tu
es là, tu assumes. »
Je ne savais que
répondre devant des situations à couper le souffle, à couper la chique au plus beau
parleur de tous les temps. Je ne savais pas, je nosais pas dire ce quil
fallait penser à mon tour, en loccurrence, un pléonasme : « Pour
vouloir des enfants, il faut les désirer. »
Non, je navais pas désiré mes enfants, le fait est
quau départ, je nétais pas dans ce désir-là. Mais le fait est également
que je ne regrette pas aujourdhui quils soient mes enfants. Parce que vous
verrez comment, je suis allé vers eux depuis, de mon propre chef, et quil sont
venus à moi également de leur propre chef.
Javais parlé
à Maryse de beaucoup de ces soucis. De ce programme qui me pesait tant, de tout cet amour
que je voyais senfuir à pas de loup, de ma place de père, qui ne se résumait pas
à des obligations. De cet écho vide à mes paroles, à mes actes, à mes suggestions, je
me rêvais en couleur et jétais transparent, je voulais vivre, et jétais un
fantôme. Javais parlé de tendresse, de sensualité aussi, de partages, de choix
communs pour les enfants, mais tout cela restait lettre morte.
Au bout de deux ans
de ce dialogue de sourds, de ces épuisements nocturnes, de ces incompréhensions, de
cette triste plaisanterie, javais fini
par dire à Maryse que je souhaitais divorcer. Et javais reçu delle une très
belle lettre, dans laquelle, pour une fois, elle me parlait sentiments, enfants,
père : « Prends ta place de père, tu las déjà, elle est à
toi », et « Donne nous une chance. ».
Cette chaleur nouvelle,
ces accents de vérité, mont profondément ému. A la lecture de ces mots-là, je
me suis dit que oui, tout était possible, et que bien sûr, il y avait de lamour
dans notre couple, et que javais peut-être été paranoïaque, que javais
imaginé des choses, fait des montagnes de petits riens
Mais je gardais une
cicatrice à lendroit gercé de mon cur, et ne voulais pas reculer sur la
place de père quil fallait vraiment que je prenne. Et jai essayé, ce
soir-là, le soir de la lettre. Jai dit oui à une nouvelle chance, à condition de
pouvoir pleinement prendre mon rôle de père, c'est-à-dire, à condition dêtre
entendu lorsque je prenais pour eux les décisions qui me semblaient les meilleures, en
coopération avec Maryse.
Cest donc ce restaurant de supermarché, où vomit
Lucas.
Je suggère à Maryse dattendre un peu avant de lui
redonner une cuillère.
- Attends, on lui donnera à la maison. Là, ça ne sert à rien, on
lui donnera du Coca chez nous, ça fait du bien quand on le bidou dérangé, et ça fera
un peu de sucre quand même, sil ne peut vraiment rien manger.
Maryse acquiesce. Fort de
cette lettre que jai reçue, je me dis que je nai pas parlé pour rien, cette
fois, et que mon avis va compter. Je suis dans ce simple état de confiance, ce pays
parfois incongru où les jolis mots nous emportent.
Ce sentiment que jai, il faut que je lanalyse pour
quil soit bien compris. Cest un de ces moments si communs dans un couple où,
lorsque vous dites quelque chose de sensé pour préserver vos enfants des petits tracas
de la vie, vous vous sentez sur la même longueur donde avec lautre. Pourtant,
je goûtais ce sentiment avec une satisfaction particulière, parce quil était tout
à fait nouveau pour moi.
Théo, lui, mange de bon appétit, je me tourne vers lui pour
remplir sa cuillère. Après quelques bonnes fournées, je regarde à ma gauche, pour voir
Maryse qui donne à manger à Lucas.
Je suis toujours dans mon état de grâce, et je renouvelle
paisiblement mon conseil, avec les mêmes arguments. Nouvel acquiescement de Maryse,
nouvelle provision de ma part pour Théo. Mais cette fois, jai lil en
coin, et je la revois qui donne une nouvelle béquée à Lucas.
Nouveaux conseils pour
la troisième fois, mais plus appuyés, avec une boule qui me monte dans la gorge, et
nouvel acquiescement, suivi juste après dune nouvelle becquée à Lucas, qui a vomi
la seconde une minute auparavant.
A ce moment
précis, quelque chose de précieux sest cassé dans mon esprit. Un bruit de cristal
de bohème brisé sous un talon. Un objet sans prix qui tombe sous les yeux de la dame qui
ne pourra jamais le remplacer, et qui lui vient de sa mère.
Posément, je pose ma fourchette sur la table. Mon avis pour
les enfants na aucune importance. Je ne peux pas être un père muet alors même
quil parle. Je ne peux pas être père, si on ne veut pas que je le sois, tout
simplement. Les mots sortent, dun coup, je suis passé de létat du OUI
suprême à létat du NON ferme. Alors, jexplique, sans contenir aucunement ma
déception, que puisque ce que je dis na aucune influence, de fait, je ne peux
donner cette nouvelle chance qui mest demandée.
- Une autre chance ! me
demande-t-elle quelques jours après, il nous faut une autre chance.
Cest le genre de « sil te plaît »
quon écoute comme on plante un mousqueton dans la roche en varappant sur une
abrupte paroi, ce « sil te plaît » auquel la bonne conscience se
raccroche, mais qui nest pas un élan du cur. Jeu besoin de relire la
lettre pour justifier cette dernière chance, mais je me souviens lavoir reposée à
mi-relecture en me retenant de soupirer. Une image me revenait souvent, qui illustrait
notre relation, et jen parlai à Maryse : celle dun joli petit vase Ming
brisé une fois puis recollé, brisé à nouveau et encore réparé, et ainsi de suite
jusqu'à ce que les morceaux en soient si petits quon ne pense plus pouvoir le
sauver. Ce vase Ming, cétait la dernière jolie image que jessayais de
proposer, montrer que tout amour est précieux et rare et irremplaçable. Jai
entendu son appel au secours comme javais entendu les autres lorsquelle
mavait fait comprendre que sans enfants, rien nétait possible. Sans
quelle me le dise, jentendais « il faut que les enfants aient un
père », mais dans ce quelle me disait et que jentendais, la place
nexistait pas.
Jentendais
« Il faut que tu assumes tes responsabilités ! » Muette prière du
« Il faut », jouant sur la culpabilisation, les obligations. « Il faut
que tu restes ». Mais mes « Il faut » à moi senfonçaient dans
les sables mouvants. Avaient-ils seulement traversé lair lorsque je les avais
prononcés ? Je fis donc tout ce que ma signature au bas des papiers officiels
mobligeait à faire, mais cette fois, la flamme était chiche et se couchait sous
mes doutes comme sous le vent dune porte ouverte, prête à claquer. Sortir par
cette porte sans avoir accordé cette seconde chance, cétait transformer le décor
en tribunal et mal me juger. Jétais tant lobjet de jugements divers et
variés, à commencer par le mien que jai laissé cette porte bâiller bien trop
longtemps. Je feignis donc de croire à lillusion, mais je sentais déjà que pour
pouvoir la passer efficacement, léponge dont nous avions besoin ne se trouvait pas
dans le commerce.
Mon souhait de
partager les enfants et les responsabilités qui leur sont conjointes fut cependant
entendu, à ma grande surprise. Comme on négocie un contrat, javais un soir obtenu
de Maryse quelle emmène les enfants à la nounou le lendemain matin car elle avait
compris que la sacro-sainte loi du programme établi devait disparaître, pour que cette
nouvelle chance puisse voir le jour. Moins savoureuse quun partage et quune
réflexion en commun, mon avancée ne paraissait une victoire, ce que dautres aurait
appelé un acquis social, ce genre dacquis sur lequel on ne revient pas sans créer
des grèves et des manifestations. Mais javais à peine eu le temps de goûter la
joie davoir été entendu que Théo soudain se plaignit de douleurs au ventre, à
tel point que nous appelâmes le médecin de nuit.
Valisette noire, stéthoscope, toc-toc sur le ventre, le
docteur était perplexe, avec des yeux de hibou réveillé en pleine nuit par une
pétarade incongrue.
- Cest peut-être une appendicite. Dans le doute, il faut
lemmener aux urgences.
Une fois le docteur reparti dans un cliquètement de seringues
dans des boîtes en fer blanc, je décidais de transporter mon enfant de suite là où la
prudence lexigeait. Le haussement dépaules de mon épouse neut même
pas le don de me hérisser tant javais pris la sombre habitude dêtre
contredit.
- Tu ne sais même pas où est lhôpital !
- Ben, cest lHôpital Général, yen a pas
trente-six mille !
Cest le
deuxième refus qui me fit sursauter, puis en vint un troisième, un quatrième, un
cinquième. Je sortis mes dernières armes et posai sur la table le fait que si Théo
était mon fils, je pouvais faire le choix de lemmener là où on allait le soigner.
Je parlai de ma place de père, de cet acte de père volontaire et véritable. Je me
trouvais en face dun mur, et compris que si Maryse emmenait Théo, elle rentrerait
très fatiguée et très tard, et du coup imposerait, sans quil soit besoin de le
dire, que jemmène Lucas le lendemain matin chez la nounou. Cela, cétait
repartir comme avant, cétait renoncer à mon acquis social, au-delà même
dun renoncement total au couple.
Je ne me laissai pas faire, aiguillonné par cette perspective
inacceptable, et reçus en réponse ce grand coup de rouleau à pâtisserie en pleine
figure :
- Pff, quest-ce que tu diras au docteur ?
Ainsi,
jétais incapable à ses yeux de dire au docteur que mon fils avait peut-être une
appendicite, jétais incapable de trouver le chemin du centre ville. En vérité, la
seule chose dont jétais incapable était de continuer à débattre, et les choses
se sont déroulées de la façon que je craignais.
Le lendemain matin,
en emmenant les jumeaux chez ma chère nounou (car Théo navait rien de sérieux),
je men suis ouvert auprès delle. De tristes sentiments me poursuivaient et me
battaient le cur mais jétais sans colère, je nageais seulement dans le
dépit. Et puis cest moi qui suis tombé malade, une sinusite accablante qui me
cloua au lit dans une semi-conscience. Le médecin navait pas jugé bon de mettre
des antibiotiques sur mon ordonnance malgré linfection et je mamenuisais
dheure en heure, finissant par ne plus pouvoir me lever.
Maryse avait de
longue date prévu un voyage chez ses parents pour une fête de famille. Elle ne changea
rien à ses projets. Je la revois dans lencadrement de la porte baissée pour saisir
ses sacs et, accompagnée de ses enfants, prendre ses cliques et ses claques, avec une
expression étrange sur le visage, comme quelquun qui dirait « Oui,
je sais cest pas bien mais je men fous ».
Seul dans la maison.
La fièvre me secouait
autant que les bulldozers qui refaisaient la route le long de la maison dans un grondement
apocalyptique. Ce doux ronron était ma seule compagnie, et minterdisait le repos,
cest peut-être ce qui fit que jentendis le téléphone.
- Coucou cest Zaz, ça va ?
Je ne me souviens pas de
ma réponse à cette amie que je navais pas vue depuis longtemps, exubérante
brunette toujours en route vers dextravagantes aventures, pas plus que je me
souviens de ses mots, je me rappelle seulement son exclamation, un « Oh ! »
catastrophé en entendant ma voix. Je la vis débarquer trente minutes plus tard dans ma
chambre, armée dun docteur qui me piqua le cuir et me rendit à la vie. Cest
alors, quand jeus remercié mon amie et quelle fut partie, quand la conscience
me revint petit à petit, que je pus formuler cette idée en moi-même : ce départ,
et ma solitude dans un tel état, cétait un cas de non-assistance à personne en
danger.
Quelques mois plus
tard, lorsque le divorce sest enclenché, jen ai reparlé avec la nounou.
Comme jétais
sous le coup du sévère jugement de la plupart de mes « amis », je cherchais
à me justifier, je cherchais quelquun qui, à défaut de compassion puisse
seulement comprendre les faits. Elle a posé sa main sur mon bras, marrêtant dans
ma phrase, et disant :
- Jai compris. Jai compris le jour où tu mas
parlé de lhistoire de lhôpital.
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